DESCRIPTION DU PATRIMOINE BÂTI CHAPELAIN

 

 

 

Les habitations rurales

 

Elles ont été le principal cadre de vie de la population chapelaine pendant des siècles. Les familles de laboureurs/cultivateurs ont vécu dans ces habitations simples, rustiques ( seules ou alignées ‘en bande’, utilisant les matériaux locaux et largement auto-construites) mais fonctionnelles : pièce principale avec l’âtre, étable ou écurie accolée pour bénéficier de la chaleur animale, accès extérieur au grenier par des lucarnes de formes adaptées aux récoltes à stocker. Ces habitations étaient groupées en villages, construites le long des chemins ou autour de communs sur lesquels ont été généralement construits puits et fours. Avant de se concentrer dans le Bourg, plusieurs artisans exerçaient dans les villages ; Et la Vrière ou Mouline ont été plus peuplés que le Bourg jusqu’au milieu du XIXème.

Certains villages – la Hautière, la Haie - ont conservé, malgré leur évolution, des ensembles d’habitats ‘en bande’ représentatifs de ces constructions.

 

Les maisons du Bourg

 

L’essor du Bourg a été tardif ; Hormis quelques grandes maisons de la place de l’église (ancienne auberge du Cheval Blanc,...), on ne rencontre que des petites boutiques d'artisans et de commerçants qui se sont installées au début des rues partant de la place de l’église (rue François Clouet, rue de Sucé, rue Martin Luther King).

Dans ces rues, assez rapidement, on ne rencontre plus que des constructions n’ayant eu qu’un usage d’habitation ; Constructions échelonnées dans le temps, plusieurs styles se côtoient.

 

Les châteaux et manoirs

 

On dénombre une trentaine de châteaux et manoirs qui, pour moitié, sont implantés en bordure des rivières sillonnant le territoire de la commune. C'est le cas du château de la Gascherie, construit à la fin du XVème sur le bord de l'Erdre, qui a été le centre des pouvoirs administratif, fiscal et judiciaire de l'ancienne paroisse de La Chapelle sur Erdre, sous l'Ancien Régime.

L'Epau est de la même époque, La Poignardière du XVIème, La Desnerie et le Brézeul du XVIIème, mais la plupart datent de fin XVIIIème - XIXème, villégiatures d'été (folies) de nantais aisés à quelques lieues de la ville (la Poterie, la Gandonnière, la Bretonnière, la Gilière,...).

 

Les équipements collectifs

 

Plusieurs constructions ont été édifiées, au fil du temps, s’adressant à la communauté des chapelains ; Ainsi, on peut identifier sous cette appellation générique l’église Ste Catherine, autour de laquelle s’est structuré le Bourg (reconstruite en 1878), les premières écoles (école de filles au bas de la rue François Clouet, école St Michel), l’ancienne Mairie de la rue Clouet (à la fois Mairie, première école publique de garçons et bureau du Juge de Paix), la gare du chemin de fer.

Le château d'eau, Capellia,... pourraient un jour faire partie du patrimoine chapelain.

   

Le patrimoine d'entreprise

 

Ce patrimoine artisanal (voire industriel, si on retient la dimension ou la technicité de l'outil de travail) est également présent à La Chapelle : qu'il s'agisse des anciens moulins à farine (moulins à vent de Grasse Noue, du Vivier, du Limeur, des Crétinières et du Moulin-Neuf, construit au début du XXème) ou de la minoterie de la Mongendrière, rue Hervé le Guyader ; Du moulin à eau de la Verrière (parfois désigné comme le premier site industriel de La Chapelle) avec ses différentes utilisations : devenu après avoir été moulin à farine, moulin à foulon fin XVIIème, force motrice de forge à l'époque de la Révolution, puis de nouveau moulin à foulon et minoterie dans la seconde partie du XIXème.

La silhouette de la tour du moulin des Crétinières (réhaussée début XXème) et de ses derniers hangars attenants est encore visible grâce à une opération de conversion en logements. Mais des autres moulins et minoteries ne subsiste que la tour du moulin du Limeur.

 

Les ponts

 

Bien que proche de Nantes, le territoire de La Chapelle en a été longtemps isolé, notamment à cause des rivières, de leurs vallées relativement encaissées et des marais. Des ponts en bois ont progressivement remplacé les gués ancestraux qui l’ont été à leur tour par des ponts en pierre vers le milieu du XIXème : ponts du Petit Nay, de Forges, de la Grégorière, de la Jonelière et surtout le viaduc de la Verrière.

Sans oublier ceux de la ligne de chemin de fer Nantes-Chateaubriand inaugurée en 1877 et dont le plus remarquable est le pont enjambant la boire de l’Hocmard.

 

Le Petit Patrimoine :

 

Les fours

 

Isolés sur un commun de village, adossés à une habitation, avec ou sans boulangerie, La Chapelle compte encore plus d'une trentaine de fours considérés en état de marche (càd qui pourraient être remis en service).

Beaucoup d’entre eux ont été (ré)utilisés lors de la guerre de 39-45.

Une technique particulière d'élévation de la voûte réfractaire généralement incrustée de moines et un processus spécifique d'utilisation sont associés à ces constructions communautaires.

Aujourd’hui encore ces fours suscitent l’intérêt de chapelains au plan culinaire mais aussi au niveau de la convivialité : plusieurs fours sont en activité dont ceux de la Mongendrière et des Cahéraux, récemment reconstruits.

 

Les points d’eau

 

Le besoin d'eau, pourvu initialement par les rivières et les sources a engendré l’aménagement de fontaines, lavoirs, puits au plus près des habitations (parfois creusés sur la limite de séparation de deux propriétés) : fontaine du Saz, de la Rosse à Daine, de l'Hopitau,  lavoir du Bas du Bourg, fontaine de Forge, les nombreux puits creusés sur la commune (sur des communs mais aussi sur le domaine privé).

Ces puits, construits en pierre maçonnée et schiste, présentent souvent l'un ou l'autre de ces deux profils : margelle circulaire surmontée d'une ossature de soutien d'une poulie faisant parfois office de toiture ; Ou couvert par de grandes dalles de schiste, l'ouverture opposée au vent dominant et/ou orientée nord, et abritant un tambour d'enroulement traversé de deux grandes chevilles. Plusieurs puits sont encore utilisés.

 

Les croix et calvaires 

 

Datant du XIXème pour la plupart, ils sont le reflet de la ferveur religieuse à La Chapelle : ils ont été érigés en mémoire/commémoration d’évènements familiaux ou en remerciement pour des dénouements espérés.

Certains sont élevés dans les parcs des châteaux/manoirs, d’autres parsèment le territoire et sont visibles au bord des routes et chemins. Ils ont été souvent offerts par les notables et chatelains.

Ils constituaient des stations de prière lors des processions telles les Rogations.

S’ils ont en commun des socles plutôt simples, les croix sont en général de véritables œuvres, éxécutées en bois, en pierre (Haut du Bourg, cimetière, Gascherie, Poterie) , en métal ou fonte ouvragée (Binetière, Haie, Gergaudière, Mongendrière, Rablais, Portricq).

 

 

Ainsi La Chapelle, comme la plupart des communes, possède un patrimoine bâti ancien important, héritage et témoignage de sa longue et riche histoire.