(extraits)

1939-1945 : Souvenirs de Chapelains

            L’association AU PAS DES SIÈCLES a réalisé en 2011 et 2012 une série d’interviews auprès d’anciens Chapelains nés dans les années 1920-1930. Ces témoignages sont donc ceux de jeunes à l’époque. Tous n’avaient pas le recul nécessaire pour appréhender la gravité des évènements qu’ils ont vécus aux côtés de leurs parents, de leurs voisins. Leurs souvenirs de ces années de guerre n’en sont pas moins riches et intéressants.

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Irène P. est d’origine polonaise, née en France en 1933. Elle vit maintenant en Suisse. Son père émigré en France au début du siècle, a d’abord travaillé dans les charbonnages du nord de la France puis dans une entreprise d’électrification. Durant la guerre, la famille a été « réfugiée » d’abord à Mouline puis dans le Bourg, route de Sucé, en face de l’école Saint-Michel.

 

Irène P. a surtout été marquée par ce qui se passait à la Gascherie car ses parents y ont retrouvé là des compatriotes prisonniers des Allemands. Parmi toutes ces années, elle distingue plusieurs périodes et temps forts :

La présence anglaise : celle que, petite fille de sept ans en 1940, elle appelle « une occupation anglaise. C’est un vague souvenir,… je me souviens surtout de la fin de cette occupation. Le seul fait qui me reste en mémoire, ce sont les sacs d’aliments : sucre, pâtes, farine etc. que mes parents, comme tous les autres habitants, ont récupérés. Oui je revois ces sacs bienvenus en réserve, pour notre famille nombreuse ».

L’occupation allemande : « Nous habitions juste en face de l’école des garçons qui était transformée en dépôt de produits alimentaires. Le magasin de vélos de M. Maisonneuve était devenu une boucherie. »

 

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A la recherche des chemins perdus du sud de la commune

            A vol d’oiseau, le sud de la commune de La Chapelle sur Erdre se présente comme une péninsule pointant son « nez » vers Nantes (Fig. n°1 ci-dessous). Une sorte de coin enfoncé entre Erdre et Gesvres qui la bordent, se terminant par le site de la Jonelière. Une sorte d’impasse …à en juger par la largeur de l’étendue d’eau à franchir pour joindre Port Durand à partir de la Jonelière (l’Erdre pourtant étroite à cet endroit atteint 100 mètres) ou pour traverser l’embouchure marécageuse du Gesvres.

 

Et pourtant cette étude rappelle que le sud de la commune était bien un endroit de passage.

 

 

 

 

 

     Fig. n°1 : Photo satellite du sud de La Chapelle sur Erdre (source : site Internet vuduciel ©Département de Loire-Atlantique). Le périmètre de l’étude est signalé sous forme d’une ellipse rouge. En ligne bleue la limite administrative de la commune.

 

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La paysannerie chapelaine entre 1856 et 1965

            Avant d’être la ville nouvelle que nous connaissons actuellement, La Chapelle-sur-Erdre a longtemps été une vaste et riche commune agricole. Cette richesse a culminé au cours de la décennie 1960, période à partir de laquelle une inexorable urbanisation s’est développée. Le présent article a pour objectif de décrire ce territoire au milieu du 19ième et aux deux tiers du 20ième siècle puis de présenter quelques uns des faits caractéristiques du développement de l’agriculture entre ces deux moments.

            Les années 1850 sont un bon point de départ pour cette observation car c’est à ce moment-là qu’ont été mises en place des infrastructures propres à désenclaver la commune, à stimuler les échanges et donc le développement économique :

-1852 : mise en service du viaduc de la Verrière,

-1860 : ouverture de la « nouvelle route » vers Sucé (et donc vers le nord de la commune),

-1877 : ouverture de la ligne de chemin de fer Nantes-Chateaubriant,

 

            Plus tard arriveront la machine à vapeur sous la forme de la locomobile au début du vingtième siècle et l’électricité dans les années 1930.

            Les années 1960, quant à elles, marquent la fin d’une époque. On observe alors en France un exode rural important et croissant, encouragé et organisé par les Pouvoirs Publics dans l’objectif de développer les secteurs dits « secondaire » et « tertiaire » tout en augmentant la production et la compétitivité de l’agriculture française au moment de la mise en place du Marché Commun. La Chapelle subira d’autant plus les effets de cette politique que : 1) Nantes toute proche offre de nombreuses opportunités d’emploi, que 2) les structures agraires bien particulières de La Chapelle ne permettent pas à la plupart des paysans de s’accrocher au train du progrès agricole et que 3) la pression de l’urbanisation va amputer progressivement le territoire communal d’une partie de ses terres cultivables et de ses exploitations. On peut dire que 1965 est l’apogée de l’agriculture chapelaine.

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Le village des Cahéraux : témoin d’un passé lointain ?

Fig. n°1 : le four à pain des Cahéraux, récemment restauré

 

            Un nom de lieu évoque parfois pour le promeneur un peu curieux des rapprochements avec telles ou telles caractéristiques géographiques ou historiques mais peut aussi laisser songeur. Un nom de lieu comme «  Cahéraux » fait partie de ces endroits qui, rapidement éveillent la curiosité, sans fournir une explication évidente. Prononcer ce nom plutôt rugueux n’évoque pas grand-chose : la sonorité  de type «  éro » semble issue d’une langue étrangère ou venue de si loin que son sens est devenu inintelligible…

 

            Cet article est un essai de recherche sur l’origine de ce nom. Il ne se prétend ni exhaustif encore moins définitif. Son contenu et les quelques pistes proposées s’appuient sur des constats effectués sur le « terrain », et sur un examen attentif des cartes et documents disponibles, la plupart du temps sur les sites existants sur internet, complété par quelques références historiques de notre région.

 

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